Chers amis, chers nombreux,

C’est aujourd’hui dimanche, ne voici pas des roses blanches, voici le çmr2.

À propos du çmr1, vous avez été quelques-uns à me signaler qu’il semblait n’y avoir aucun rapport entre la casquette du Père Bugeaud et le sein presque nu, et que la promesse faite par le titre n’était pas tenue par le texte. Le plus indulgent d’entre vous a supposé que c’était intentionnel. Il n’en est rien, mais ça me fait plaisir qu’on me fasse à ce point crédit.

La version corrigée du texte comprend la précision suivante :

(…) Pour le premier spectacle, on avait fait appel à une vedette de l’époque (Daniel Beretta, il me semble, rendu célèbre par la version française de Jesus-Christ Superstar), et à une troupe de danseuses de music-hall. Le thème en était les chansons traditionnelles françaises : « Auprès de ma blonde », « Ah ! le petit vin blanc », « La casquette du Père Bugeaud »…

À la vérité, cet oubli est sans doute significatif de l’importance relative des choses dans ce texte. Ce que dit le titre est vrai, le rapprochement de la casquette et du sein est singulier (je trouve), mais le fil qui relie une chose à l’autre est néanmoins arbitraire et, en fin de compte, sans grand intérêt. Voilà: Daniel Beretta a chanté « La casquette du Père Bugeaud » à Pondorly vers le milieu des années soixante-dix.

J’ai eu grand plaisir à voir que ce premier envoi de çmr a suscité quelques remembrances chez vous-même (cf. Annexe). Très heureux d’avoir eu à cette occasion des retours, des souvenirs, des confidences. Je me doute que cette première édition a des effets que n’auront pas les suivantes. Ça va s’user, ça aussi.

Pour l’instant, aucune demande de désabonnement - mais quelques-uns ont avoué n’être pas parvenus au bout de l’y-mêle.

Ci-joint :

Battre les cartes
me rappelle
un professeur de français et un poisson

Annexe à çmr1

Je n’avais jamais eu la curiosité de chercher ce qui valait à cette casquette d’avoir une chanson à elle. Je trouve ça curieux: on accepte les chansons comme elles viennent, les casquettes en poil de chameau, danser sur le pont d’Avignon, planter les choux avec des organes inadéquats…; on accepte leur arbitraire, on prend ça pour de la poésie. J’aime assez que l’Histoire s’estompe et que l’ignorance se résolve en poésie.

J’ai trouvé pas moins de trois anecdotes différentes expliquant casquette en question, totalement différentes. Elles sont par ailleurs sans intérêt, si ce n’est que, précisément, la réalité est devenue inaccessible, et qu’il ne reste que la poésie - toute relative- de la chanson.

Joël m’a confié un souvenir touchant, quoique inexact du point de vue de l’Histoire, rattachant le Père Bugeaud à la guerre d’Algérie vécue par son père. Père Bugeaud, Général dont on ne voyait jamais la casquette que loin derrière le front où eux montaient se faire trucider.

Je préfère te livrer mon souvenir qu’une pseudo réalité wikipédesque, ajoute J.R. J’y vais donc, sur Wikipédia: Bugeaud fut en fait le vainqueur d’Abd El Kader en 1844. On peut retenir dudit glorieux militaire français (avec un petit “f” pour signifier mon mépris) qu’il fut un promoteur de l’enfumage des populations civiles, bien avant les nazis, sur des effectifs certes réduits (1000 personnes), et qu’il prôna la guerre contre les révolutionnaires de 1848. Vomissons ensemble sur sa mémoire.

Un souvenir de Harry :

(…) la première fois que j’ai vu <Pondorly> annoncé a côté de l’autoroute et mon léger agacement devant cette misérable manipulation de la langue française, agacement retrouvé lors de l’apparition de <Garonor> des années après.

Cécile m’apprend que c’est aujourd’hui Metropolis, temple de la “Tectonic”.

Sylvie me rapporte que son correcteur orthographique voudrait me substituer:

  • Eurodollar
  • Rhinolophe
  • Monadelphe
  • Pétrodollar
  • Podoscaphe
  • Rhinolophe

… toutes propositions également pertinentes. C’est sans rapport avec le Père Bugeaud, mais il est réjouissant de n’avoir pas de notoriété, ou du moins, pas celle de Daniel Beretta: il n’a suscité aucun retour de votre part, mais sa voix est aujourd’hui plus connue que lui, il double Arnold Schwarzenegger en français; une page lui est consacrée sur http://www.bide-et-musique.com/artist/2855.html (c’est une des formes de la notoriété à laquelle je souhaiterais me soustraire).