Chers,

La semaine passée, vous avez suggéré une correction (acceptée) au çmr, vous avez discuté de la toxicité des mères, vous avez transposé aux jeunes filles les mauvais traitements infligés aux escargots (bien qu’ils soient faciles à discerner les uns des autres), vous avez avoué vous être fait jeter du pain par des mamies qui, surprenant vos ébats, vous auront confondus avec des palmipèdes.

Vous avez surtout contribué à la çmritude par de beaux échos.

Manu Causse m’a tagué. Ma réponse se trouve à la fin du présent billet.

Cette semaine,

Cinquante pouces
me rappellent
que le ciel bleu est en haut,
l’herbe verte en bas,
et les gens roses au milieu

La semaine prochaine, c’est la toxicité des grands-mères qui sera abordée.

500 secondes, 500 €

fenetre.png Que ferais-tu s’il te restait 500 euros et 500 secondes à vivre ? La règle est expliquée , et j’ai moi-même été tagué ici. Je ne respecterai qu’en partie la règle, en répondant à la question posée, mais sans faire suivre. Par haine des chaînes, et parce que je ne connais pas cinq amis qui tiennent un blog. D’ailleurs, je n’ai pas cinq amis.


S’il me restait cinq cents secondes à vivre, je m’empresserais de faire tout ce que je me suis dit qu’il faudrait faire avant de mourir. Lire ce qu’il faut avoir lu mais dont sans cesse j’ai repoussé la lecture : « à la recherche du temps perdu » et « l’éducation sentimentale ».

Écrire, terminer « le parcours du cavalier – le vit, mode d’emploi » (roman pornographique fondé sur un carré magique d’Euler), commencer « la poussière qui se dépose » et « les mâts et les collines », ainsi que le « traité de la décortication et de la recortication des histoires drôles ».

Peindre, finir la toile qui représentait la cour du 11, rue Raymond IV, après avoir décidé si j’emploie les teintes blanches des jours gris, les jaunes sales des crépis toulousains des jours de soleil, ou les couleurs inventées que Toulouse aurait si c’était Collioure.

Composer, apprendre enfin l’harmonie, m’apercevoir que je n’ai aucun talent musical, aucune inspiration et renoncer.

Fonder une école, trouver avec qui partager ma vision de l’enseignement fondée sur l’histoire des langues, des sciences et des arts, sur l’analyse des erreurs, y incorporer un soupçon de savoir-être, et la mettre en œuvre.

Publier mes écrits, trouver un éditeur pour tout ce que j’ai déjà écrit et que j’ai renoncé à envoyer.

Aimer, rencontrer toutes les femmes du monde qui ont entre vingt-cinq et cinquante-cinq ans, sélectionner celles qui me plaisent suffisamment, retenir parmi elles toutes celles à qui je plais suffisamment, vivre avec chacune assez longtemps pour voir comment vieillit l’amour et choisir, enfin, celle qui me rend heureux sans regretter d’avoir dû renoncer à en rencontrer une autre qui m’aurait mieux convenu.

Puis, s’il me reste du temps, me rendre compte qu’il me reste 500 euros en poche et m’en réjouir, les placer pour que mes enfants soient à l’abri du besoin quand ils seront grands.